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ACRE 2026 et ARCE : quelle aide choisir quand on devient serrurier après le chômage

En 2026, l’ACRE réduit de 25 % les cotisations sociales du créateur, et non plus de 50 % : pour un micro-entrepreneur, la règle vaut pour les créations à compter du 1er juillet 2026. La demande se fait à l’Urssaf dans les 60 jours. Un demandeur d’emploi indemnisé doit ensuite choisir : capital de l’ARCE (60 % de ses droits restants) ou maintien partiel de son allocation.

L’ACRE 2026 n’a plus la valeur qu’elle avait l’an dernier. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a plafonné l’exonération, et le décret n° 2026-69 du 6 février 2026 l’a fixée à 25 % des cotisations, contre 50 % auparavant. Pour un serrurier qui s’installe après une période de chômage, la question n’est donc plus seulement « ai-je droit à l’ACRE ? », mais « comment combiner l’ACRE avec ce qui me reste de droits au chômage ? ». Deux voies s’ouvrent au demandeur d’emploi indemnisé : toucher une partie de ses droits en capital avec l’ARCE, ou conserver une partie de son allocation chaque mois. Cette page reprend les textes en vigueur au 2 octobre 2026, puis déroule les deux options sur un dossier type, dont tous les montants sont des hypothèses de calcul.

ACRE 2026 : ce que le décret n° 2026-69 a changé

L’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE) est une exonération partielle et temporaire de cotisations sociales en début d’activité. Elle ne verse pas d’argent : elle réduit ce que vous payez à l’Urssaf.

L’article 23 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 a remplacé, à l’article L131-6-4 du code de la sécurité sociale, l’exonération « totale » par une exonération dont le montant, « fixé par décret, ne peut excéder 25 % de ces cotisations ». Le décret n° 2026-69, publié au Journal officiel du 8 février 2026, a fixé ce taux et adapté le régime des micro-entrepreneurs. Son entrée en vigueur est décalée selon le statut :

Statut du créateur Nouveau régime Créations concernées
Entrepreneur individuel au réel, gérant majoritaire, dirigeant de société Exonération de 25 % des cotisations, appliquée en plein jusqu’à 36 045 euros de revenu annuel, dégressive jusqu’à 48 060 euros, nulle au-delà À compter du 1er janvier 2026
Micro-entrepreneur Cotisations calculées à 75 % du taux normal (article D131-6-3 du code de la sécurité sociale) À compter du 1er juillet 2026

Les deux seuils du premier régime correspondent à 75 % et 100 % du plafond annuel de la sécurité sociale de 2026, selon la fiche ACRE d’entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifiée le 1er juillet 2026. Une micro-entreprise créée avant le 1er juillet 2026 n’entre pas dans le champ de la nouvelle règle, qui ne vise que les créations à compter de cette date.

L’essentiel : pour un serrurier en micro-entreprise qui démarre aujourd’hui, l’ACRE fait passer le taux de cotisations de 21,2 % à 15,9 % du chiffre d’affaires (21,2 × 0,75), pendant un peu moins d’un an. Avant la réforme, ce taux tombait à 10,6 %.

Qui a droit à l’ACRE, et comment la demander

Les bénéficiaires

L’ACRE n’est pas ouverte à tout créateur. Il faut relever de l’une des catégories énumérées par le code du travail, que la fiche officielle détaille. Pour un futur serrurier, les cas les plus fréquents sont :

  • le demandeur d’emploi indemnisé (allocation d’aide au retour à l’emploi ou allocation de sécurisation professionnelle) ;
  • le demandeur d’emploi non indemnisé inscrit à France Travail au moins six mois au cours des dix-huit derniers mois ;
  • le bénéficiaire du RSA ou de l’allocation de solidarité spécifique ;
  • la personne de 18 à 25 ans révolus, ou de moins de 30 ans reconnue handicapée ;
  • le créateur qui s’implante dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ou dans une zone France ruralités revitalisation.

Une condition s’ajoute à toutes : ne pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes. Un salarié qui quitte son poste par démission pour s’installer, sans ouvrir de droits au chômage et sans entrer dans une autre catégorie, n’y a pas droit.

La demande, étape par étape

  1. Immatriculez l’entreprise sur le guichet unique : la date de début d’activité déclenche les délais.
  2. Déposez la demande à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité, avec le formulaire de demande, le justificatif de création et la pièce qui prouve votre catégorie (attestation France Travail, notification de RSA…).
  3. Attendez 30 jours : l’Urssaf statue dans ce délai ; son silence vaut accord, selon la fiche officielle.
  4. Conservez la décision : elle vous sera demandée par France Travail si vous sollicitez l’ARCE.

Le piège : le délai de 60 jours ne se rattrape pas. Un créateur qui attend sa première déclaration de chiffre d’affaires pour s’en occuper peut le laisser passer. Déposez la demande dans la semaine qui suit l’immatriculation.

L’ordre complet des démarches d’installation figure dans notre guide pour devenir serrurier auto-entrepreneur.

ACRE micro-entreprise 2026 : combien rapporte-t-elle vraiment ?

La réduction court jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui du début d’activité. La fiche officielle donne l’exemple d’une activité commencée le 3 septembre 2026 : la réduction s’applique jusqu’au 30 juin 2027. Une activité commencée le 1er octobre 2026 en bénéficiera jusqu’au 30 septembre 2027, soit douze mois pleins ; une activité commencée fin septembre, à peine plus de neuf.

Prenons un serrurier qui s’immatricule en micro-entreprise le 1er octobre 2026 et réalise, par hypothèse, 36 000 euros de chiffre d’affaires HT pendant ces douze mois. Le taux de 21,2 % est celui des prestations de services artisanales relevant des BIC (cotisations du micro-entrepreneur).

Régime de cotisations Taux Cotisations sur 36 000 euros
Sans ACRE 21,2 % 7 632 euros
ACRE après la réforme (création depuis le 1er juillet 2026) 15,9 % 5 724 euros
ACRE avant la réforme, pour comparaison 10,6 % 3 816 euros

L’économie passe donc, sur ce dossier, de 3 816 euros à 1 908 euros. Elle reste appréciable, mais elle ne finance plus à elle seule un démarrage : c’est l’articulation avec les droits au chômage qui pèse le plus. La contribution à la formation professionnelle et la taxe pour frais de chambre de métiers ne sont pas comprises dans ce calcul.

ARCE France Travail : le capital tiré de vos droits au chômage

L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) est versée par France Travail. Elle convertit une partie de vos droits restants à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) en capital. D’après la fiche officielle de l’ARCE, vérifiée le 13 août 2026, et la fiche de l’Unédic :

  • conditions : avoir créé ou repris une entreprise après la fin de son contrat de travail, avoir des droits à l’ARE, justifier de l’obtention de l’ACRE et ne pas déjà cumuler l’ARE avec des revenus de cette activité ;
  • montant : 60 % des droits à l’ARE restant à verser, pour une fin de contrat intervenue depuis le 1er juillet 2023 (45 % auparavant), diminués de la participation de 3 % au financement des retraites complémentaires ;
  • versement : la moitié au début de l’activité, l’autre moitié six mois plus tard, à condition d’exercer toujours l’activité et de ne pas occuper un emploi en contrat à durée indéterminée à temps plein ;
  • après un arrêt : les 40 % de droits non convertis peuvent être repris si vous vous réinscrivez, dans les délais prévus par la réglementation et après un différé qui correspond au nombre d’allocations perçues lors du second versement.

À savoir : l’ARCE ne permet pas de valider des trimestres de retraite de base. Le maintien de l’allocation, lui, ouvre des périodes assimilées. La fiche officielle le dit en toutes lettres : c’est un coût différé, à mettre en balance avec le capital.

L’autre voie : garder une partie de l’allocation chaque mois

Le demandeur d’emploi indemnisé qui crée son entreprise peut aussi refuser le capital et continuer à percevoir une partie de son ARE, en plus de ses revenus d’indépendant. L’Unédic donne la formule du nombre de jours indemnisés dans le mois :

(allocation mensuelle − 70 % du revenu mensuel brut) ÷ allocation journalière

Trois précisions comptent pour un micro-entrepreneur :

  1. Le revenu retenu est celui qui sert au calcul de l’impôt sur le revenu pour votre activité. En micro-entreprise, ce n’est pas le chiffre d’affaires : pour des prestations de services relevant des BIC, l’administration applique un abattement forfaitaire de 50 % (régime fiscal de la micro-entreprise). Faites confirmer ce périmètre par votre conseiller France Travail.
  2. Tant que vos revenus ne sont pas connus, France Travail verse une avance, puis régularise une fois par an. Un démarrage meilleur que prévu peut donc se traduire par un trop-perçu à rembourser.
  3. Le cumul est plafonné : selon l’Unédic, il est « limité à 60 % du droit restant à la date de la création ou de la reprise d’entreprise ». Les deux options mobilisent donc, au mieux, la même part de vos droits.

ACRE ou ARCE : simulation sur un serrurier en reconversion

Le dossier type est entièrement fictif. Un ancien salarié du bâtiment, inscrit à France Travail, perçoit une allocation journalière de 45 euros. Il lui reste 300 jours de droits au moment où il s’immatricule en micro-entreprise, le 1er octobre 2026. Il obtient l’ACRE.

Option A — ACRE + ARCE. Ses droits restants valent 300 × 45 = 13 500 euros. L’ARCE représente 60 % de ce montant, soit 8 100 euros avant la retenue de 3 % : environ la moitié au démarrage, le solde en avril 2027 s’il exerce toujours.

Option B — ACRE + maintien partiel de l’ARE. Son allocation mensuelle de référence est de 30 × 45 = 1 350 euros. Supposons un mois à 2 000 euros de chiffre d’affaires HT. Revenu retenu : 1 000 euros après abattement. Calcul : (1 350 − 700) ÷ 45 = 14,4 jours indemnisés, soit environ 650 euros d’allocation pour ce mois, en plus de son activité.

Critère ACRE + ARCE ACRE + maintien de l’ARE
Trésorerie au démarrage Forte : environ 4 000 euros dès le début Faible : avances mensuelles
Montant total mobilisable 60 % des droits restants, si le second versement est obtenu Jusqu’à 60 % des droits restants, moins si l’activité décolle vite
Sécurité si les premiers mois sont creux Aucun versement mensuel L’allocation compense en partie
Retraite de base Pas de trimestres validés Périodes assimilées
Risque administratif Faible une fois les deux versements reçus Régularisation annuelle, trop-perçu possible

Lecture pour un serrurier. L’ARCE convient au créateur qui doit investir tout de suite : un utilitaire aménagé, une première valise d’ouverture, un stock de cylindres. Elle convient aussi à celui dont le carnet de commandes est déjà amorcé, parce qu’un chiffre d’affaires élevé réduirait de toute façon l’allocation mensuelle. Le maintien de l’ARE convient mieux à celui qui démarre sans clientèle, en sous-traitance ou par petites interventions, et préfère un filet mensuel à un capital. Pour chiffrer les besoins d’investissement avant de trancher, appuyez-vous sur notre méthode de business plan de serrurerie.

Le piège : choisir l’ARCE pour « avoir l’argent » sans plan de dépense. Le capital est versé une fois ; s’il couvre des dépenses courantes plutôt qu’un investissement, il disparaît en quelques mois et laisse l’entreprise sans filet.

Aide à la création d’entreprise pour demandeur d’emploi : le calendrier conseillé

Le bon ordre évite de perdre une aide par simple décalage de dates :

  1. Avant de démissionner ou de signer une rupture, vérifiez vos droits à l’ARE : sans droits, pas d’ARCE, et l’ACRE dépend alors d’une autre catégorie.
  2. Inscrivez-vous à France Travail et déclarez votre projet de création à votre conseiller.
  3. Simulez les deux options avec le simulateur de reprise et de création d’entreprise de France Travail, ou avec votre conseiller.
  4. Immatriculez l’entreprise, puis déposez la demande d’ACRE dans les 60 jours.
  5. Demandez l’ARCE, si c’est votre choix, avec le justificatif de création et la décision d’ACRE.
  6. Préparez le sixième mois : le second versement suppose que l’activité continue ; conservez factures et déclarations de chiffre d’affaires.

Si votre projet passe par une formation au métier avant l’installation, ce calendrier s’insère dans un parcours plus long, que nous décrivons dans notre guide de la reconversion en serrurerie. Le stage de préparation à l’installation, facultatif, peut s’y ajouter.

Après les aides : tenir la deuxième année

L’ACRE s’arrête au bout d’un an environ, l’ARCE ne se verse qu’une fois. La deuxième année se joue sur le volume d’interventions réellement facturées. Une partie des serruriers qui s’installent travaille alors pour des donneurs d’ordre, en complément de leur clientèle directe. KRONO accepte les candidatures d’entreprises en cours de création, le contrat se signant une fois l’immatriculation obtenue : les conditions sont détaillées sur la page devenir partenaire.

Ce qu’il faut retenir

  • Depuis le décret n° 2026-69, l’ACRE réduit les cotisations de 25 % : pour un micro-entrepreneur créé à compter du 1er juillet 2026, le taux passe de 21,2 % à 15,9 % du chiffre d’affaires.
  • La demande se dépose à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité ; le silence pendant 30 jours vaut accord.
  • L’ARCE exige l’ACRE et représente 60 % des droits à l’ARE restants, versés en deux fois à six mois d’intervalle.
  • Le maintien partiel de l’allocation est plafonné, lui aussi, à 60 % des droits restants, mais il valide des périodes assimilées pour la retraite.
  • Le bon choix dépend de votre besoin d’investissement immédiat et du rythme probable de vos premières interventions : simulez avant de vous immatriculer.

Questions fréquentes

L’ACRE est-elle automatique en 2026 ?

Non. Il faut appartenir à l’une des catégories prévues par le code du travail, par exemple demandeur d’emploi indemnisé, bénéficiaire du RSA ou de l’ASS, jeune de moins de 26 ans, et ne pas en avoir bénéficié dans les trois années précédentes. La demande se dépose auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité ; sans réponse sous 30 jours, l’aide est considérée comme accordée.

Quel est le taux de l’ACRE en 2026 pour un micro-entrepreneur ?

Pour une micro-entreprise créée à compter du 1er juillet 2026, les cotisations sont réduites de 25 % : le créateur paie 75 % du taux normal, soit 15,9 % du chiffre d’affaires au lieu de 21,2 % pour des prestations de services artisanales. La réduction court jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d’activité.

Peut-on cumuler l’ACRE et l’ARCE ?

Oui, et c’est même obligatoire dans ce sens : l’ARCE n’est versée qu’au demandeur d’emploi qui justifie avoir obtenu l’ACRE. Les deux aides n’ont pas le même objet. L’ACRE allège les cotisations sociales des premiers trimestres ; l’ARCE transforme une partie de vos droits au chômage restants en capital, versé en deux fois par France Travail.

Quel est le montant de l’ARCE en 2026 ?

L’ARCE représente 60 % des droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi qui restent à verser à la date de création, pour une fin de contrat intervenue depuis le 1er juillet 2023. Une participation de 3 % au financement des retraites complémentaires est déduite. La moitié est versée au début de l’activité, l’autre six mois plus tard si l’activité continue.

Vaut-il mieux l’ARCE ou le maintien de l’allocation chômage ?

Cela dépend de votre besoin. L’ARCE apporte de la trésorerie immédiate, utile pour financer un utilitaire ou l’outillage, mais ne valide pas de trimestres de retraite. Le maintien partiel de l’allocation protège un démarrage lent et valide des périodes assimilées, au prix d’avances et de régularisations annuelles. Comparez les deux sur le simulateur de France Travail avant de choisir.

Sources

Article à visée informative, à jour à sa date de publication. Il ne remplace pas le conseil d’un expert-comptable, d’un assureur ou d’un juriste sur votre situation.

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