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Normes et produits

Types de serrures de porte : applique, à larder, à encastrer, multipoints, et le vocabulaire du métier

On distingue les types de serrures d’abord par leur pose : en applique, vissée sur la face intérieure du vantail ; à larder ou à mortaiser, logée dans son épaisseur ; à encastrer, surtout pour les menuiseries à profil étroit. On les distingue ensuite par le nombre de points de fermeture (monopoint ou multipoints) et par leur sûreté (cylindre, gorges, pompe). Le reste se lit sur la têtière, le coffre et la gâche.

Au téléphone, le client dit « ma serrure trois points est bloquée » pour une serrure en applique monopoint avec verrou séparé ; le fournisseur demande l’axe, l’entraxe et la main ; le devis mentionne une têtière que personne n’a mesurée. Connaître les types de serrures et le vocabulaire qui va avec n’a rien d’académique : c’est ce qui permet de commander la bonne pièce du premier coup. Cette fiche rassemble, pour les serruriers en activité comme pour ceux qui se forment, les familles de serrures de porte, les mots du métier et la façon de les reconnaître sur place.

Les types de serrures se classent d’abord par leur pose

Le site d’information du CNPP, gestionnaire de la certification A2P, distingue les serrures selon leur mode de pose et le nombre de points (« Comment choisir ma serrure ? ») : en applique, à mortaiser ou à larder, et multipoints. La pose est le premier critère, parce qu’elle décide de ce qu’on peut remplacer sans toucher au vantail.

Type de pose Où se trouve la serrure Comment la reconnaître Ce qu’il faut savoir
En applique Vissée sur la face intérieure du vantail Coffre visible côté intérieur, gâche en saillie sur le dormant Remplacement souvent sans reprise du vantail ; axe et cotes du coffre à respecter
À larder ou à mortaiser Dans une mortaise creusée dans l’épaisseur du vantail Seule la têtière apparaît sur le chant ; béquilles et cylindre traversent la porte Le coffre doit entrer dans la mortaise existante : épaisseur, hauteur, axe
À encastrer Dans le profil du vantail Têtière étroite sur le chant d’une menuiserie métallique, aluminium ou PVC Dimensions imposées par le profil ; références souvent propres au menuisier

Le CNPP décrit la serrure en applique comme « visible, elle est vissée sur la face intérieure d’une porte », et la serrure encastrée comme logée « dans l’épaisseur de la porte » ; il note que cette pose affaiblit la résistance du vantail, ce qui rend la certification d’autant plus utile (« Serrures de sécurité »).

L’essentiel : « à larder », « à mortaiser » et « à encastrer » désignent tous une serrure dans l’épaisseur du vantail. L’usage réserve souvent « à larder » à la menuiserie bois et « à encastrer » aux profils métalliques ou PVC, mais ce sont les cotes qui comptent, pas le nom du catalogue.

Serrure en applique : coffre, tringles et gâche

La serrure en applique reste la plus répandue sur les portes palières du parc ancien. Les annexes de certificats A2P en donnent un vocabulaire précis. Celle du certificat 24.87 distingue par exemple :

  • la serrure en applique « classique tringles », dont les tringles de renvoi vers le haut et le bas restent apparentes ;
  • la serrure en applique « carénée », où un capot couvre le coffre et les tringles ;
  • les gâches pour huisserie bois ou métallique, à recouvrement ou plates, et la gâche à répétition pour porte à deux vantaux, qui reporte le verrouillage sur le semi-fixe.

Ces mêmes annexes indiquent des axes de 50, 55, 60 ou 65 mm selon les modèles : sur une applique, l’axe est l’une des premières cotes à relever avant toute commande.

Serrure à larder, serrure à encastrer : la têtière fait le diagnostic

Sur une serrure logée dans le vantail, presque tout se lit sur la têtière, la plaque métallique visible sur le chant de la porte, par laquelle sortent les pênes. Sa largeur, sa longueur, la forme de ses extrémités (droites ou arrondies) et l’entraxe de ses vis doivent correspondre à la nouvelle serrure, sinon il faut reprendre la feuillure ou le profil.

La serrure à larder équipe aussi bien une porte intérieure (bec-de-cane, serrure à condamnation) qu’une porte d’entrée bois. La serrure à encastrer d’une menuiserie aluminium ou PVC a un coffre étroit, imposé par la chambre du profil, et un axe court. Dans les deux cas, une référence inconnue se retrouve plus vite par le marquage gravé sur la têtière ou le coffre que par une recherche au jugé. La méthode complète de diagnostic sur place est détaillée dans Identifier une serrure : le diagnostic avant devis.

Serrure multipoint 3 points, 5 points, à relevage

Une serrure multipoints verrouille le vantail en plusieurs endroits, par des pênes ou des crochets qui pénètrent dans le dormant, le linteau ou le sol. Les annexes du CNPP décrivent les configurations courantes :

  • 3 points : « 1 latéral, 1 haut et 1 bas », dans l’annexe 24.87 ; ou un boîtier principal avec « 1 pêne dormant, 1 crochet latéral et 1 point haut », dans l’annexe 35.246, qui associe aussi des déviateurs, boîtiers secondaires répartis sur la têtière ;
  • 5 points : « 3 latéraux, 1 haut et 1 bas », ou « 5 points latéraux » selon les modèles ;
  • 7 points : « 5 latéraux, 1 haut et 1 bas ».

La serrure à relevage, courante sur les menuiseries PVC et aluminium, engage ses points de fermeture quand on relève la béquille ; la clé verrouille ensuite l’ensemble. Le serrurier doit savoir la reconnaître, car un client qui « ne peut plus fermer » a souvent un problème de réglage de gâche, pas de serrure.

Le nombre de points ne mesure pas la sécurité. Le CNPP distingue les points de fermeture, qui entrent dans le dormant, des galets de compression, qui ne font que plaquer le vantail contre le joint et n’apportent aucune protection contre l’effraction (question A2P sur les galets). Une « 5 points » dont deux points sont des galets est une 3 points.

Piège fréquent : compter les éléments visibles sur la têtière pour annoncer « 5 points » au client. Comptez ce qui verrouille dans le dormant, et vérifiez la classe A2P de la serrure pour parler de résistance.

Le vocabulaire de la serrurerie, mot par mot

Le CNPP définit la serrure de bâtiment certifiée comme un ensemble : boîtier, gâche, sûreté et ensemble de manœuvre (page serrures de bâtiment). Les termes ci-dessous sont ceux qu’emploient les fabricants et les fournisseurs ; ils figurent sur les fiches techniques et les bons de commande.

Terme Définition Pourquoi il compte
Coffre (ou boîtier) Le corps de la serrure qui contient le mécanisme Ses dimensions décident de la compatibilité avec la mortaise ou l’emplacement
Têtière Plaque visible sur le chant du vantail, par laquelle sortent les pênes Largeur, longueur et forme d’extrémité à reproduire
Axe Distance entre le bord de la serrure côté chant (la têtière pour une serrure encastrée) et le centre du cylindre Position du perçage du cylindre dans le vantail
Entraxe Distance entre le centre du carré de béquille et celui du cylindre Compatibilité avec la garniture et ses perçages
Fouillot Pièce de la serrure qui reçoit le carré de la béquille ou du bouton Section du carré, sens de manœuvre, fouillot traversant ou non
Pêne demi-tour Pêne biseauté, repoussé à la fermeture, rentré par la béquille Maintient la porte fermée sans verrouiller
Pêne dormant Pêne commandé par la clé, qui verrouille C’est lui qui verrouille ; il ne recule pas sous une poussée
Crochet Pêne pivotant qui s’accroche dans la gâche Fréquent sur les multipoints et les portes blindées
Gâche Pièce fixée sur le dormant, qui reçoit les pênes Sa fixation dans le bâti conditionne la tenue réelle de la fermeture
Sûreté Le mécanisme qui reconnaît la clé : cylindre, gorges, pompe Décide du niveau de protection et des pièces de rechange
Main Sens de la serrure, déterminé par le côté des paumelles et le sens d’ouverture Une serrure de la mauvaise main ne se pose pas
Verrou Organe de verrouillage séparé de la serrure principale, à bouton ou à deux entrées Complète une serrure monopoint ; l’annexe A2P 3.15 en certifie

La sûreté mérite une mention à part. Le cylindre profil européen domine aujourd’hui, mais le parc ancien compte encore beaucoup de serrures à gorges et à pompe, dont le fonctionnement et le niveau de sécurité sont traités dans Serrure à gorges et serrure à pompe. Le cylindre a ses propres variantes — double entrée, à bouton, débrayable — présentées dans Cylindre débrayable : fonctionnement et limites.

La main d’une serrure : droite ou gauche, poussant ou tirant

La main est la source d’erreur de commande la plus fréquente. Elle dépend de deux observations : le côté où se trouvent les paumelles, et le sens d’ouverture, poussant ou tirant, vu depuis un côté de référence. Le problème vient de la désignation : selon les fabricants et les pays, la même porte peut être dite « droite » ou « gauche », la référence pouvant être le côté poussant ou le côté extérieur.

La seule méthode sûre :

  1. Placez-vous du côté extérieur de la porte, ou du côté que le catalogue du fabricant désigne comme référence.
  2. Notez le côté des paumelles (à droite ou à gauche).
  3. Notez le sens d’ouverture (la porte s’ouvre en poussant ou en tirant).
  4. Photographiez la porte entière depuis ce côté, puis la têtière.
  5. Traduisez ces observations dans la convention du catalogue de la serrure commandée, et non dans la vôtre.

Beaucoup de serrures récentes sont réversibles, par retournement du pêne demi-tour ou par une manipulation prévue par le fabricant. Vérifiez la notice : réversible ne veut pas dire indifférente au sens de pose de toutes ses pièces.

Identifier un type de serrure sur place, avant le catalogue

Sans démonter, un professionnel identifie l’essentiel avant d’ouvrir son catalogue :

  1. Pose : coffre visible côté intérieur (applique) ou seulement une têtière sur le chant (larder, encastrer).
  2. Points : comptez les pênes et crochets qui verrouillent réellement, en haut, en bas et sur le côté ; distinguez-les des galets.
  3. Sûreté : cylindre profil européen, serrure à gorges, à pompe ; relevez la marque et la référence du cylindre.
  4. Cotes : axe, entraxe, dimensions de la têtière ou du coffre, épaisseur du vantail.
  5. Marquage : marque, référence, et, s’il existe, logo A2P avec le nombre d’étoiles, à vérifier dans l’annexe du certificat comme l’explique notre article sur la norme A2P.
  6. Main et gâche : côté des paumelles, sens d’ouverture, type de gâche et état de sa fixation.

Les normes européennes complètent ce relevé : la NF EN 12209, dans sa version de juin 2016 à l’AFNOR, classe les serrures et gâches mécaniques ; certains fabricants reportent ce classement sur leurs fiches techniques.

Ce relevé systématique est ce qui sépare une intervention réussie au premier passage d’un aller-retour chez le fournisseur ; c’est aussi ce qu’on attend d’un serrurier qui intervient pour d’autres, comme le précisent les conditions du partenariat.

Ce qu’il faut retenir

  • Les types de serrures se distinguent d’abord par la pose : en applique sur la face intérieure, à larder ou à encastrer dans l’épaisseur du vantail.
  • Une multipoints se compte en pênes et crochets qui entrent dans le dormant ; les galets de compression ne verrouillent rien.
  • Axe et entraxe ne sont pas la même cote : l’axe place le cylindre par rapport au chant, l’entraxe le place par rapport au carré de béquille.
  • La têtière, le coffre et le marquage donnent l’essentiel de l’identification, sans démonter.
  • La main se relève par observation (paumelles, sens d’ouverture) puis se traduit dans la convention du fabricant.
  • Les annexes A2P du CNPP sont une source fiable de vocabulaire et de cotes pour les modèles certifiés.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une serrure à larder et une serrure à encastrer ?

Les deux sont logées dans l’épaisseur du vantail, par opposition à la serrure en applique. Dans l’usage des catalogues, « à larder » ou « à mortaiser » désigne surtout la serrure posée dans une mortaise creusée dans une porte bois, et « à encastrer » est très employé pour les menuiseries métalliques, aluminium ou PVC, dont le profil impose un coffre étroit et un axe court. Fiez-vous aux cotes, pas au nom.

Quelle différence entre une serrure 3 points et 5 points ?

Le nombre de pênes ou crochets qui verrouillent le vantail dans le dormant. Une 3 points classique ferme sur le côté, en haut et en bas ; une 5 points ajoute des points latéraux, ou n’en a que sur le côté selon les modèles. Le nombre ne fait pas la résistance : les galets de compression ne verrouillent rien, et seule une certification A2P mesure la résistance de l’ensemble.

Comment savoir si une serrure est droite ou gauche ?

On observe le côté des paumelles et le sens d’ouverture, poussant ou tirant, depuis un côté de référence. Mais les conventions de désignation varient selon les fabricants et les pays : une même porte peut être dite « droite » chez l’un et « gauche » chez l’autre. Notez le côté des paumelles, le sens d’ouverture et le côté d’où vous regardez, puis vérifiez la convention du catalogue avant de commander.

Qu’est-ce que l’axe d’une serrure ?

C’est la distance entre le bord de la serrure côté chant de la porte, la têtière pour une serrure encastrée, et le centre du cylindre. Elle fixe la position du trou de cylindre dans le vantail : changer d’axe impose de reprendre le perçage. À ne pas confondre avec l’entraxe, distance entre le centre du carré de béquille et celui du cylindre, qui conditionne la garniture.

Sources

Article à visée informative, à jour à sa date de publication. Il ne remplace pas le conseil d’un expert-comptable, d’un assureur ou d’un juriste sur votre situation.

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