Devenir serrurier indépendant : les 8 étapes de l’installation, dans l’ordre
Pour devenir serrurier indépendant, aucun diplôme n’est exigé : il faut choisir un statut, s’immatriculer au registre national des entreprises par le guichet unique (gratuit en micro-entreprise artisanale, 45 euros en entreprise individuelle au réel), s’assurer avant la première intervention, préparer des devis conformes au dépannage, régler la TVA, puis équiper son véhicule et trouver ses premiers clients.
Devenir serrurier indépendant tient en huit étapes, et leur ordre compte plus que leur difficulté. Un serrurier qui s’immatricule avant d’avoir choisi son régime de TVA, ou qui accepte sa première ouverture de porte avant que son assureur ait enregistré l’activité, ne commet aucune faute spectaculaire : il crée un problème qui se paie six mois plus tard. Cette page suit le parcours réel de l’installation à votre compte — de la vérification de votre activité jusqu’aux premiers donneurs d’ordre — avec, pour chaque étape, ce qu’il faut produire, ce que cela coûte selon les pages officielles, et l’article qui la traite en détail. Si vous en êtes encore à vous former, commencez par les chemins pour devenir serrurier.
Devenir serrurier indépendant : le parcours en un tableau
| Étape | Ce que vous produisez | Coût officiel | Quand |
|---|---|---|---|
| 1. Cadrer l’activité | Une description précise : dépannage, pose, métallerie ? | Aucun | Avant tout |
| 2. Choisir le statut | Micro-entreprise, entreprise individuelle au réel ou société | Aucun en entreprise individuelle ; statuts et dépôt du capital en société | Avant l’immatriculation |
| 3. S’immatriculer | Dossier sur le guichet des formalités des entreprises | 0 euro (micro artisan) ; 45 euros (EI artisanale) ; 33,83 + 19,33 euros + annonce légale (société) | Au plus tôt 1 mois avant, au plus tard 15 jours après le début d’activité |
| 4. S’assurer | Attestations RC professionnelle, véhicule, décennale si vous posez des ouvrages | Selon devis d’assureur | Avant la première intervention |
| 5. Séparer les comptes | Compte dédié à l’activité | Selon la banque | Dès le départ, même si la loi ne l’impose pas encore |
| 6. Préparer devis et factures | Modèles conformes, affichage des prix | Aucun | Avant la première intervention chez un particulier |
| 7. Régler la TVA | Franchise en base ou TVA aux taux du bâtiment | Aucun | Au moment de l’immatriculation |
| 8. Équiper et trouver des clients | Véhicule, outillage, stock de départ, premiers donneurs d’ordre | Votre plan de financement | En parallèle des étapes 3 à 7 |
Les coûts d’immatriculation sont ceux publiés par le service public en 2026 (micro-entreprise, entreprise individuelle, société). Tout le reste dépend de vos devis : nous ne citons aucun prix d’assurance ou de véhicule qu’un texte officiel ne publie pas.
Avant l’immatriculation : cadrer l’activité et choisir le statut
Étape 1 : vérifier que votre activité de serrurier à son compte est libre
Avant de remplir le moindre formulaire, écrivez en une phrase ce que vous allez faire. « Dépannage en serrurerie, ouverture de porte, remplacement de cylindres et de serrures » n’appelle pas le même traitement que « fabrication et pose de garde-corps ».
La réponse ministérielle n° 19886, publiée au Journal officiel du 13 août 2019, exclut l’installation de serrures de l’obligation de qualification professionnelle. Vous pouvez donc vous mettre à votre compte sans CAP. Deux limites :
- le titre d’artisan reste réservé à qui justifie d’un CAP, d’un BEP, d’un titre de niveau équivalent ou de trois ans d’expérience effective (fiche « qualité d’artisan ») ;
- la métallerie du bâtiment peut relever de la construction et de l’entretien des bâtiments, activité soumise à qualification.
Le piège : déclarer une activité large « au cas où ». Si vous inscrivez de la métallerie sans la qualification correspondante, ou si votre assureur ne couvre que le dépannage, vous signez pour une activité que vous ne pouvez pas exercer en règle. Déclarez ce que vous faites vraiment ; vous ajouterez une activité le jour où vous en aurez les moyens.
Le détail des textes, et le justificatif à produire si vous en avez un, est développé dans serrurier sans diplôme : ce que dit la loi.
Étape 2 : choisir son statut, sans se tromper de critère
Le statut se choisit sur quatre questions, pas sur le nom le plus répandu :
- Quel chiffre d’affaires visez-vous ? La micro-entreprise s’applique tant que vos recettes de prestations de services ne dépassent pas 83 600 euros (seuil 2026, service public).
- Quelles charges réelles aurez-vous ? En micro-entreprise, le véhicule, le carburant, l’outillage et les pièces ne se déduisent pas : vos cotisations portent sur tout ce que vous encaissez.
- Vos clients récupèrent-ils la TVA ? Un syndic ou un donneur d’ordre assujetti n’est pas gêné par une facture avec TVA ; un particulier, si.
- Voulez-vous vous verser un salaire ou des dividendes ? C’est la seule raison sérieuse de créer une société dès le départ.
Pour un serrurier qui démarre seul, avec un utilitaire et une clientèle encore incertaine, la micro-entreprise est le point de départ le plus simple ; elle cesse de l’être dès que les achats de pièces pèsent lourd dans le chiffre d’affaires. L’arbre de décision complet, avec le tableau micro, entreprise individuelle au réel, EURL et SASU, est dans quel statut pour un artisan serrurier. Les plafonds, les cotisations et les limites propres au régime sont détaillés dans serrurier auto-entrepreneur.
Étape 3 : l’immatriculation, la seule formalité obligatoire
Toutes les déclarations passent par le guichet des formalités des entreprises, tenu par l’INPI. L’immatriculation vous inscrit au registre national des entreprises, qui a remplacé le répertoire des métiers le 1er janvier 2023. Le service public fixe le calendrier : la demande se fait au plus tôt un mois avant le début d’activité et au plus tard quinze jours après.
Les pièces de base sont les mêmes pour tous : pièce d’identité, justificatif de domiciliation de l’entreprise, déclaration sur l’honneur de non-condamnation et attestation de filiation. Une société ajoute ses statuts signés, l’attestation de dépôt des fonds et l’attestation de parution de l’annonce légale.
| Forme | Ce que vous payez au guichet (2026) |
|---|---|
| Micro-entreprise, activité artisanale | Gratuit |
| Entreprise individuelle au réel, activité artisanale | 45 euros |
| EURL ou SASU | 33,83 euros (registre du commerce) + 19,33 euros (bénéficiaires effectifs) + annonce légale : forfait de 124 euros HT pour une EURL, 142 euros HT pour une SASU en métropole |
Une fois le dossier accepté, le numéro SIREN, le SIRET de l’établissement et le code APE vous sont attribués automatiquement, sans démarche à faire (service public). Pour un serrurier, le code attendu est le 43.32B ; ce qu’il recouvre et les erreurs à éviter sont expliqués dans le code APE du serrurier. Le pas-à-pas du formulaire, activité par activité, est dans l’immatriculation de l’artisan serrurier. Le stage de préparation à l’installation n’est plus un préalable depuis 2019 : il reste une option, discutée dans notre article sur le SPI.
Étape 4 : s’assurer avant la première porte
Aucun texte n’impose la responsabilité civile professionnelle au dépannage en serrurerie. En pratique, vous ne travaillerez pas sans elle : une porte abîmée, un cylindre mal posé, une clé égarée, et c’est votre patrimoine qui répond. Trois contrats sont à distinguer :
- la RC professionnelle et d’exploitation, qui doit nommer en toutes lettres le dépannage en serrurerie et l’ouverture de porte ;
- la garantie décennale, obligatoire dès que vous réalisez un ouvrage : la pose d’un bloc-porte peut en relever, l’ouverture d’une porte claquée jamais ;
- l’assurance du véhicule, déclaré à usage professionnel.
L’article L132-1 du code de l’artisanat vous oblige à faire figurer sur vos devis et factures l’assurance professionnelle lorsqu’elle est obligatoire pour votre métier, avec les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique. Les clauses à lire et les exclusions fréquentes sont détaillées dans la RC pro du serrurier et l’assurance décennale du serrurier.
Étape 5 : ouvrir un compte dédié, avant que la loi ne l’exige
La règle dépend du statut. Le micro-entrepreneur doit disposer d’un compte dédié à son activité dès que son chiffre d’affaires dépasse 10 000 euros deux années civiles consécutives ; ce compte peut être un compte personnel séparé ou un compte professionnel (service public). L’entrepreneur individuel au réel qui exerce une activité artisanale n’y est pas tenu ; l’obligation ne vise que l’activité commerciale (service public). Une société, elle, ouvre un compte dès sa constitution pour déposer le capital.
N’attendez pas l’obligation. Un compte séparé dès le premier jour, c’est une comptabilité lisible, une déclaration de chiffre d’affaires juste, et des achats de pièces que vous retrouvez en cas de contrôle ou de litige avec un client.
Étape 6 : des devis et des factures conformes au dépannage
Le dépannage chez un particulier obéit à un texte précis : l’arrêté du 24 janvier 2017, qui cite expressément la serrurerie. Il impose trois temps :
- avant l’intervention, l’information du client sur vos taux horaires de main-d’œuvre toutes taxes comprises, vos frais de déplacement et le caractère gratuit ou payant du devis, y compris sur votre site ou votre fiche en ligne ;
- avant l’exécution, un devis détaillé : prestations, prix unitaires, quantités, déplacement, total avec le taux de TVA, durée de validité ;
- après l’exécution et avant le paiement, une note remise au client.
S’y ajoutent la mention de l’assurance vue à l’étape 4 et les coordonnées d’un médiateur de la consommation. Préparez ces modèles avant votre première intervention : c’est au moment où le client attend devant sa porte qu’on oublie une ligne. Les règles et leurs exceptions sont détaillées dans le devis obligatoire en dépannage et le médiateur de la consommation.
Étape 7 : trancher la question de la TVA dès le départ
Deux régimes s’offrent à vous :
- la franchise en base, tant que vos prestations ne dépassent pas 37 500 euros l’année précédente ou 41 250 euros sur l’année en cours (article 293 B du CGI, seuils en vigueur jusqu’à fin 2026). Vous facturez sans TVA, avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI », et vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats. Au-delà du seuil majoré, la TVA est due dès le premier jour du dépassement (service public) ;
- la TVA, aux taux du bâtiment : 10 % pour la plupart des travaux dans un logement achevé depuis plus de deux ans, 5,5 % pour certains travaux d’amélioration énergétique, 20 % dans les autres cas.
À retenir : la franchise en base et la micro-entreprise sont deux régimes distincts, avec deux seuils distincts. Vous pouvez être micro-entrepreneur et redevable de la TVA.
Le choix n’est pas neutre pour un serrurier : en franchise, chaque cylindre acheté vous coûte sa TVA, que vous ne récupérez pas. Les taux par situation sont dans la TVA en serrurerie, et le régime de la franchise dans la franchise en base de TVA de l’artisan. Si vous travaillez en sous-traitance pour une entreprise assujettie, lisez aussi l’autoliquidation de la TVA.
Étape 8 : équiper le véhicule et trouver ses premiers clients
Le véhicule et l’outillage
Le serrurier à son compte travaille depuis son utilitaire : c’est son atelier, son stock et sa vitrine. Prévoyez au minimum un jeu d’outils d’ouverture fine et d’ouverture destructive, une perceuse et ses forets carbure, un outillage de pose (gâches, têtières, rosaces), et un stock de cylindres européens aux longueurs les plus courantes. Le stock coûte de la trésorerie ; une intervention ratée faute de cylindre en coûte davantage. La liste commentée est dans l’outillage du serrurier dépanneur, l’organisation du véhicule dans l’aménagement d’un utilitaire de serrurier.
Avant d’acheter, chiffrez : un véhicule et un outillage s’amortissent sur plusieurs années, et leur coût doit se retrouver dans votre taux horaire. La méthode est dans le calcul du taux horaire.
Les premiers clients
Comment devenir serrurier à son compte sans clientèle ? Trois sources d’interventions se combinent :
- la clientèle directe : particuliers, commerces, professions libérales de votre secteur ;
- les donneurs d’ordre professionnels : syndics, bailleurs, agences immobilières, sociétés d’assistance ;
- la sous-traitance, qui fournit du volume dès le départ en échange d’une part de l’intervention.
La comparaison de ces canaux est dans trouver des clients quand on est serrurier. KRONO confie des interventions de dépannage en sous-traitance à tous les professionnels immatriculés, micro-entrepreneurs compris, avec ou sans TVA : le fonctionnement du contrat de sous-traitance et les documents demandés sont détaillés sur le site.
Ce qu’il faut retenir
- Devenir serrurier indépendant ne demande aucun diplôme ; l’immatriculation au registre national des entreprises, elle, est obligatoire, au plus tard quinze jours après le début d’activité.
- L’immatriculation est gratuite pour un micro-entrepreneur artisan, coûte 45 euros pour une entreprise individuelle artisanale au réel, et plus pour une société, annonce légale comprise.
- La RC professionnelle n’est imposée par aucun texte au dépannage, mais aucun donneur d’ordre ne travaille sans elle ; la décennale s’impose dès que vous posez un ouvrage.
- L’arrêté du 24 janvier 2017 fixe l’information du client, le devis préalable et la note finale : vos modèles doivent être prêts avant la première intervention.
- Micro-entreprise (83 600 euros) et franchise de TVA (37 500 et 41 250 euros) sont deux seuils distincts, à suivre séparément.
- Le véhicule, l’outillage et le stock se chiffrent avant l’achat et se retrouvent dans votre taux horaire.
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme pour être serrurier à son compte ?
Non. L’installation de serrures ne fait pas partie des activités soumises à qualification : le gouvernement l’a confirmé au Journal officiel du 13 août 2019. Seule l’immatriculation au registre national des entreprises est exigée. Un CAP, un titre équivalent ou trois ans d’expérience restent nécessaires pour porter le titre d’artisan, et la métallerie du bâtiment peut relever d’une activité réglementée : faites trancher ce point par votre chambre de métiers.
Combien coûte l’immatriculation d’un serrurier ?
Selon le service public, l’inscription au registre national des entreprises est gratuite pour un micro-entrepreneur artisan. Une entreprise individuelle artisanale au régime réel paie 45 euros. Une société commerciale paie 33,83 euros d’inscription au registre du commerce, 19,33 euros pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, plus l’annonce légale de constitution, dont le forfait 2026 en métropole est de 124 euros HT pour une EURL et de 142 euros HT pour une SASU.
Combien de temps faut-il pour obtenir son numéro SIRET ?
Il n’existe pas de délai réglementaire unique. Le numéro SIREN, le SIRET de l’établissement et le code APE sont attribués automatiquement dès que la demande d’immatriculation est acceptée, sans démarche supplémentaire. Ils apparaissent dans votre espace personnel sur le guichet des formalités des entreprises. Un dossier complet, avec des justificatifs lisibles, est le meilleur moyen de ne pas recevoir de demande de régularisation.
Peut-on commencer en sous-traitance dès l’installation ?
Oui, à condition d’être immatriculé : un donneur d’ordre sérieux vous demandera, avant de signer, un extrait d’immatriculation, une attestation de vigilance de l’URSSAF et vos attestations d’assurance. La sous-traitance règle la question des premiers clients, mais pas celle de la marge : vérifiez la part qui vous revient, qui paie les pièces et à quel délai vous êtes réglé avant de vous engager.
Un serrurier auto-entrepreneur doit-il facturer la TVA ?
Pas tant qu’il reste sous les seuils de la franchise en base : en 2026, 37 500 euros de chiffre d’affaires de prestations de services l’année précédente, ou 41 250 euros sur l’année en cours. Ses factures portent alors la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Dès le dépassement du seuil majoré, la TVA est due à partir du jour du dépassement, et il doit appliquer les taux du bâtiment.
Sources
- Question écrite n° 19886 et réponse du ministère de l’Économie (JO du 13 août 2019, p. 7499) — Assemblée nationale
- Comment obtenir la qualité d’artisan ? — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Création d’entreprise : formalités d’immatriculation d’une micro-entreprise (vérifié le 18 mars 2026) — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Création d’entreprise : formalités d’immatriculation d’une entreprise individuelle (vérifié le 18 mars 2026) — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Création d’entreprise : formalités d’immatriculation d’une société (vérifié le 12 juin 2026) — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Publier une annonce légale de constitution de société — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Comment obtenir un numéro Siren ou un Siret ? — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Comment devenir micro-entrepreneur ? (seuils 2026) — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Compte bancaire du micro-entrepreneur (vérifié le 28 mai 2026) — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Compte bancaire de l’entrepreneur individuel (vérifié le 28 mai 2026) — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Code de l’artisanat, article L132-1 (mention de l’assurance sur les devis et factures) — Légifrance
- Arrêté du 24 janvier 2017 relatif à la publicité des prix des prestations de dépannage — Légifrance
- Franchise en base de TVA (vérifié le 1er janvier 2026) — entreprendre.service-public.gouv.fr
- Code général des impôts, article 293 B, version en vigueur du 1er mars 2025 au 1er janvier 2027 — Légifrance
Article à visée informative, à jour à sa date de publication. Il ne remplace pas le conseil d’un expert-comptable, d’un assureur ou d’un juriste sur votre situation.